Vauban a voulu faire de la France un pré carré, selon son expression, protégé par une ceinture de citadelles. Il a conçu ou amélioré une centaine de places fortes. L'ingénieur n'avait pas l'ambition de construire des forteresses inexpugnables, car la stratégie consistait alors à gagner du temps en obligeant l'assaillant à immobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l'assiégé. Il dota la France d'un glacis qui la rendit inviolée durant tout le règne de Louis XIV — à l'exception de la citadelle de Lille qui fut prise une fois — jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, où les forteresses furent démodées par les progrès de l'artillerie. Douze ouvrages de Vauban, regroupés au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban ont été classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO le 7 juillet 2008

Vauban est apprécié à son époque et jugé depuis comme un homme lucide, franc et sans détours, refusant la représentation et le paraître, telles qu’ils se pratiquaient à la cour de Louis XIV.

Il préférait au contraire parler le langage de la vérité :

« […] je préfère la vérité, quoi que mal polie, à une lâche complaisance qui ne serait bonne qu’à vous tromper, si vous en étiez capable, et à me déshonorer. Je suis sur les lieux ; je vois les choses avec appréciation, et c’est mon métier que de les connaître ; je sais mon devoir, aux règles duquel je m’attache inviolablement, mais encore plus que j’ai l’honneur d’être votre créature, que je vous dois tout ce que je suis, et que je n’espère que par vous […] Trouvez donc bon, s’il vous plaît, qu’avec le respect que je vous dois, je vous dise librement mes sentiments dans cette matière. Vous savez mieux que moi qu’il n’y a que les gens qui en usent de la sorte qui soient capables de servir un maître comme il faut. »

* Il fut un précurseur des Encyclopédistes par sa façon d'aborder les problèmes concrets, ainsi le budget d'une famille paysanne, par exemple, ou sa description géographique de l'élection de Vézelay de janvier 1696 dans laquelle il propose de lever un vingtième, sans exemption, et qui se différencie en un impôt sur le biens-fonds et sur le bétail, sur les revenus des arts et métiers, sur les maisons des villes et des bourgs ;[réf. nécessaire]

* Il est aussi dans le grand mouvement de penseurs précurseurs des physiocrates (il lit Boisguilbert ; à la même époque, écrivent Melon, Cantillon) par son intérêt pour l'agronomie et l'économie (il insiste notamment sur la circulation de la monnaie et l’idée du circuit économique dont il est un des précurseurs). Il prône les valeurs qui seront défendues au XVIIIe siècle par Quesnay, et il encourage les nobles à quitter la cour pour le service des armes mais aussi la mise en valeur de leurs domaines dans un mémoire intitulé Idée d’une excellente noblesse et des moyens de la distinguer par les Générations.

* Il fut encore un précurseur de Montesquieu par sa conception d'un État chargé avant tout d'assumer la protection de tous et leur bien-être : il veut lutter contre la misère, la corruption, l’incompétence, le mépris du service public.

Dans tous les cas, Vauban apparaît comme un réformateur hardi dont les idées se situaient à contre-courant de ce que la majorité de ses contemporains pensait. Son contact avec le Roi lui permettait de soumettre directement ses idées, comme le Projet de Dime royale, qui fut bien reçu. Louis XIV lui rendait bien cette franchise, cette liberté de parole et de jugement, en lui accordant une confiance absolue en matière de défense du royaume, comme en témoigne cette lettre dans laquelle il lui confie la défense de Brest, visé par les Anglais en 1694 :

« Je m’en remets à vous, de placer les troupes où vous le jugerez à propos, soit pour empêcher la descente, soit que les ennemis fassent le siège de la place. L’emploi que je vous donne est un des plus considérables par rapport au bien de mon service et de mon royaume, c’est pourquoi je ne doute point que vous ne voyiez avec plaisir que je vous y destine et ne m’y donniez des marques de votre zèle et de votre capacité comme vous m’en faites en toutes rencontres »

Vauban et la révocation de l'édit de Nantes, 16 octobre 1685

« La conversion des protestants est affaire de la providence et non du pouvoir royal ».

Pourquoi Louis XIV en est-il arrivé à révoquer l’Edit de Nantes ? L’apparition du Protestantisme, bouscule l’ordre établi et les idées reçues, son acceptation ne pouvait se faire du jour au lendemain.

Il faudra plus de deux siècles pour que la religion protestante soit reconnue officiellement dans le pays. Seuls quelques rares esprits comme Vauban avaient pris la défense de la population protestante du royaume, au XVIIe siècle.

Remontons le temps de trois siècles pour essayer de connaître et de comprendre l’évolution des esprits, qui par un long cheminement politico-religieux, entraînera Louis XIV à prendre cette grande décision avec toutes les conséquences qui en découleront. Vers le milieu du XIVe siècle, naît en Italie un nouveau mouvement qui va bouleverser le monde de l’époque ; ce sera une véritable vague de fond :

La Renaissance: La découverte de l’imprimerie par Gutenberg au XVe siècle favorise la diffusion des idées nouvelles dans : la littérature, l’architecture, les arts, les sciences, et dans les esprits. C’est une rupture avec le médiéval, un conflit ouvert entre les traditions gothiques et l’italianisme.

La Renaissance, en développant l’esprit critique, engendre le nationalisme, qui sera l’une des causes de la Réforme. Trouvant de nombreux adeptes, elle aura pour résultat un très profond bouleversement de la Société comme aujourd'hui le multipartisme ou pluripartisme en Cote d'Ivoire.

* Les catholiques, qui forment l’immense majorité des sujets de Louis XIV, ne se sont jamais résolus à accepter l’existence de deux religions en France. Comme au temps du Parti unique, les hommes politiques à la personne de Laurent Dona Fologo, Balla Kéita et d'autres fustigeaient les partisans du multipartisme ou de la démocratie. Pour eux la liberté de conscience est une faiblesse et une impiété; elle est intolérable. Ils ont d’ailleurs applaudi à la Révocation comme Bossuet, Fénelon, La Bruyère, La Fontaine , Madame de Sévigné.Très peu , comme Vauban et Saint-Simon la critiquèrent.

*Les protestants sont environ 750 000. Leur nombre a diminué depuis 1598 essentiellement pour des raisons démographiques.

- Ils ont perdu leurs privilèges politiques depuis la paix d’Alès en 1629.

- Ils sont attachés à leur particularisme religieux dans lequel la famille joue un rôle essentiel dans la transmission de la foi.

- La pratique est vivace et les institutions protestantes ont bien fonctionné jusqu’en 1659.

A partir de 1679, un processus méthodique d’étouffement se met en place :

* suppression des assemblées locales et du synode national.

* réexamen des droits des temples amenant la destruction d’un temple sur deux. A partir de 1683, il fallut réserver, dans les temples, une place pour des catholiques venus écouter le pasteur pour favoriser la délation.

* exclusion des offices dont l’acquisition est essentielle dans le processus d’ascension sociale des familles protestantes, puis des professions libérales ( avocats, médecins, apothicaires , imprimeurs et libraires personnages-clés pour la diffusion de la Bible ).

* suppression des chambres de l’édit de Nantes.

* suppression de tous les établissements d’enseignement au-delà de l’enseignement primaire, ce qui revient à confier l’éducation des enfants aux catholiques.

* création d’une caisse de conversion pour acheter les consciences. 

C'est dans cette réalité que vit le peuple de Cote d'Ivoire d'aujourd'hui où les partis politiques achètent la conscience de chaque ivoirien pour le bonheur d'Henri Konan Bédié, d'Alassane Ouattara, Francis Wodié, de Laurent Gbagbo...

C'est pourquoi ECB comme Vauban doit se mettre au dessus de ce modèle politique ivoirien pour permettre au peuple de Cote d'Ivoire de combattre à ses cotés ce non modèle de développement politique qui s'enracine dans notre pays.

Bokedier de Lakota